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Affichage des articles du octobre, 2025

Le triomphisme de l’extrême droite : une “victoire” vide et une manœuvre sournoise

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Le Rassemblement national se félicite d’une prétendue victoire parlementaire : l’adoption symbolique d’une résolution visant à dénoncer les accords migratoires de 1968 entre la France et l’Algérie . En réalité, cette opération n’a rien d’une avancée politique ; elle n’est qu’une démonstration de communication, une mise en scène du pouvoir destinée à faire oublier son impuissance réelle. Le texte triomphaliste publié dans la presse d’extrême droite n’en fait pas mystère : peu importe la portée juridique — inexistante — de la résolution, l’essentiel est de faire croire que Marine Le Pen et son camp “ agissent” , là où le reste de la classe politique serait paralysé. C’est là toute la mécanique populiste : transformer un non-événement institutionnel en victoire symbolique, pour nourrir le récit du “peuple trahi par les élites”. Une victoire sans effet, une illusion de souveraineté Les accords franco-algériens de 1968 ont déjà été révisés plusieurs fois (1985, 1994, 2001). Les déno...

Makhzen/Sahara occidental : le triomphalisme médiatique avant vote

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  À la veille du vote du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental , toute   la presse marocaine annonce déjà une “ victoire historique ” du plan d’autonomie. Mais derrière le récit triomphal, le droit international, lui, reste inchangé. Ce que dit réellement le droit international Depuis l’avis consultatif rendu le 16 octobre 1975 par la Cour internationale de Justice (CIJ) , la position du droit international est claire : “ Il n’existe aucun lien juridique de souveraineté entre le Royaume du Maroc et le territoire du Sahara occidental .” [1] Autrement dit, le Sahara occidental reste un territoire non autonome soumis au processus de décolonisation des Nations unies . La CIJ a rappelé que seul le peuple sahraoui a le droit de décider de son avenir — par un processus d’ autodétermination librement exprimé. Le vote attendu au Conseil de sécurité ne modifie pas ce cadre : ni une résolution de prorogation de la MINURSO , ni une formulation “favorable à l’autonomi...

Oui, Monsieur Xavier Driencourt, j’ai lu et parcouru le rapport

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  L’article présenté comme « explosif » sur les accords franco-algériens de 1968 a suscité de nombreux échos, notamment au Maroc. Pourtant, à la lecture du rapport parlementaire qu’il prétend résumer, on découvre une tout autre réalité : un document budgétaire instrumentalisé à des fins idéologiques. Réponse à un récit biaisé qui confond expertise et stigmatisation. Oui, Monsieur, j’ai lu et parcouru le rapport parlementaire dont vous parlez avec tant d’assurance et de superlatifs. Et c’est précisément parce que je l’ai lu que je m’étonne de la manière dont vous le présentez : sélective, approximative, et, osons le mot, idéologique. Vous en tirez des conclusions politiques qu’il ne contient pas, en le transformant en instrument de dénonciation plutôt qu’en base d’analyse. Un rapport administratif devenu arme polémique Le document en question, rédigé par les députés Charles Rodwell et Matthieu Lefebvre , relève d’un travail budgétaire de la Commission des finances . Il n’a ...

Dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 : le droit bafoué au service d’une politique de l’hypocrisie

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  Pour dénoncer la volonté politique de rompre unilatéralement l’accord franco-algérien de 1968, une mesure contraire au droit international et inefficace sur le plan migratoire. Elle met en lumière une instrumentalisation politique de la question migratoire et appelle à un dialogue renouvelé, respectueux de la mémoire et du droit. Une dénonciation… qui aurait l’effet inverse Ironie de l’histoire : si l’accord de 1968 venait à être dénoncé, les facilités de circulation prévues par les accords d’Évian de 1962 pourraient ressurgir. Autrement dit, supprimer l’accord reviendrait à rétablir la liberté de circulation que ce texte avait précisément pour but d’encadrer. Ce serait donc le comble de l’inefficacité : un geste présenté comme “ferme” qui, en réalité, ouvrirait davantage les frontières qu’il ne les fermerait. A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »    h...

L’accord franco-algérien de 1968, bouc émissaire d’une dérive de l’extrême droite

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L’Assemblée nationale a adopté, à une voix près, une proposition de résolution du Rassemblement national demandant la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968. Le RN s’en félicite, voyant dans ce vote une victoire idéologique ; mais au-delà de ce succès symbolique, c’est une autre réalité, bien plus préoccupante, qui se dessine : la banalisation des thèses de l’extrême droite et le brouillage des repères républicains dans le débat politique français. Un texte juridiquement vide   Rappelons-le : une résolution parlementaire ne lie pas le gouvernement. Elle exprime une opinion, rien de plus. En droit international, un traité bilatéral comme l’accord de 1968 ne peut être dénoncé qu’en cas de violation manifeste par l’une des parties. Or, les reproches adressés à l’Algérie – notamment son prétendu refus de reprendre ses ressortissants sous OQTF – ne reposent sur aucune clause du traité. L’accord de 1968 ne traite ni des expulsions, ni des obligations de quitter le terri...

En France humiliée par le tribalisme accentuée au mythe de la communauté élue.

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Sous couvert de défendre la République et la laïcité, certains discours d’extrême droite recyclent la peur de l’islam et des banlieues pour bâtir un récit de guerre culturelle. Mais la réalité du communautarisme français est bien plus complexe et ses angles morts, souvent révélateurs. Y-a-t-il besoin d’en dire plus ? En effet un grand tohu-bohu médiatique, pour cette hystérisation   qui v ingt ans après les émeutes de 2005, une certaine presse d’extrême droite ressort la même grille de lecture : la France serait “recolonisée” par ses anciens colonisés, transformée en mosaïque de “ tribus ”. Sous une apparence d’analyse, ce discours rejoue les vieilles obsessions : la peur du groupe, du clan, de l’étranger . “ Partout où l’État recule, le clan avance ”, écrit l’auteur de cette tribune anxiogène. Mais ce “ clan” n’est pas une catégorie sociologique — c’est une métaphore politique de l’ennemi intérieur. Ce langage transforme des tensions sociales en conflit civilisationnel p...