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Affichage des articles associés au libellé Makhzen

Le Makhzen du Maroc dans la réinvention et djihad cartographique des Frontières !

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 L’essentiel, c’est que ce soit celui qui parle qui a fait ce dont il parle. Le Maroc, ce qu’il a dit, ce qu’il a fait, ne doit pas être rendu tel quel stricto sensu . Ce n’est pas à moi de juger qu’est-ce qui mérite d’être retenu, transmis, et qu’est-ce qui ne le mérite pas. L’affaire de  Frontières n’est plus entre les mains de l’historien. Elle est entre les mains des Algériens. Avec son djihad cartographique le Maroc devra essayer de ne pas prendre de coups, au lieu de s'attarder sur d’anciennes cartes ou de documents "déclassifiés", qu’ils n’ont aucun poids déterminant sinon de conforter des opinions, mais les réalités sont de faits non des opinions même si elles peuvent être justes. Ce n’est pas l’Algérien qui fait le tableau, c’est le Marocain qui dresse son propre tableau. J’insiste là-dessus. L’histoire ne se fait pas par le politique placé en surplomb, au-dessus du réel, en essayant de le redéfinir et de le reconstruire. L’histoire s’écrit à partir de celui...

Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

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  Il y a dans les montagnes du Rif une mémoire que nul pouvoir central n’a réussi à effacer. Une mémoire rebelle, forgée dans la résistance contre l’occupation, contre l’autoritarisme, et contre l’effacement politique. Une mémoire qui dit : dignité, justice, liberté . C’est cette mémoire qui a donné naissance, en 1923, à la République du Rif , sous la direction de l’émir Abdelkrim El Khattabi — première tentative moderne d’autodétermination dans le Maghreb . Elle fut écrasée par les puissances coloniales, avec la complicité du Makhzen . Mais elle n’a jamais cessé d’exister dans les consciences. Aujourd’hui, le Rif n’a pas oublié. Un peuple marginalisé dans son propre pays Depuis l’indépendance, la région du Rif est traitée non comme une composante du pays, mais comme un sujet à surveiller . Les investissements y sont faibles, l’accès aux infrastructures limité, le chômage massif, l’émigration presque une nécessité. Dans les villages de l’arrière-pays, l’école manque, l’...

Maroc : Le cri du Rif vers le Sahara Occidental

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Au Maroc, les cartes postales montrent un royaume stable, souriant, ouvert sur le monde. Mais derrière les plages d’ Essaouira et les remparts de Fès , une autre réalité persiste, plus dure, plus intime : celle de la Hogra , ce mot arabe qui résume le sentiment d’humiliation et d’injustice ressenti par des millions de citoyens. Ce terme n’est pas qu’une émotion populaire : il est devenu la clef de lecture d’un pays où l’inégalité et le mépris institutionnel ont remplacé le contrat social. Tout a explosé à Al Hoceima , en 2016, avec la mort tragique de Mouhcine Fikri , poissonnier broyé par une benne à ordures pour avoir voulu sauver sa marchandise confisquée. Ce drame absurde a bouleversé le pays, révélant la brutalité d’un système qui écrase les plus faibles au nom de l’ordre, sans jamais interroger les abus de pouvoir. Les autorités ont promis une enquête. Le peuple, lui, attend encore les résultats. Entre-temps, la colère s’est installée, portée par le souvenir d’autres humiliati...

Le Makhzen : La fabrique du mythe marocain

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  Sous couvert d’érudition, Bernard Lugan recycle une vieille rhétorique coloniale au service d’un discours du Makhzen en présentant celui-ci comme victime du « statu quo colonial » et l’ Algérie comme « invention frança ise », l’historien autoproclamé se fait le relais d’une vision politique, non scientifique. Une falsification tranquille de l’histoire maghrébine, qui en dit plus sur la géopolitique du présent que sur le passé qu’il prétend expliquer. Ses travaux sont souvent critiqués pour leur vision conservatrice et ethnocentrée, et dans le cas précis du Maroc, il est fréquemment accusé d’être proche du discours officiel marocain, notamment sur le Sahara occidental et la question frontalière avec l’Algérie. Il faut donc lire ces travaux comme une tribune militante, non comme une étude scientifique neutre . Bernard Lugan se rêve en lanceur d’alerte et il se croit lanceur de vannes. Mais la vérité, moins glorieuse, plus terre à terre, c’est qu’il maîtrise surtout l’art de...

Le Maroc n’a pas besoin d’un roi sauveur, mais d’un peuple souverain

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  On voudrait nous faire croire que les malheurs du Maroc sont inscrits dans nos veines, que nous serions, par nature, corrompus, violents, incapables de solidarité. Qu’il n’y aurait « rien à faire », sinon attendre un « pouvoir fort », une main de fer qui dompte les masses. Voilà le discours, déguisé de fausse compassion, que nous servent les plumitifs royalistes et leurs relais intellectuels : le peuple est fautif, la monarchie serait notre ultime recours. Quelle imposture ! Quelle insulte ! La corruption, le népotisme, l’injustice sociale ne tombent pas du ciel ni de quelque prétendue « incapacité morale » des Marocains. Elles sont organisées, entretenues, imposées par un système monarchique prédateur. Un système qui confisque les richesses, qui distribue privilèges et marchés à ses proches, qui se drape dans une légitimité divine pour ne jamais rendre de comptes. Un pays saigné par sa propre dynastie Qui peut croire que si des femmes meurent en couches à Agadir, c’est ...