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Affichage des articles associés au libellé justice

Le prophète Zemmour : les faits divers en champs de bataille idéologique

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Les discours d’Éric Zemmour transforment les faits divers en champs de bataille idéologique. Derrière ses métaphores grandiloquentes se cache une mécanique dangereuse : celle qui assimile l’immigré à une menace, l’Algérien au voleur, et l’autre à l’ennemi.  Zemmour se rêve en lanceur d’alerte et il se croit lanceur de vannes. Mais la vérité, moins glorieuse, plus terre à terre, c’est qu’il maîtrise surtout l’art de lanceur de pets : le vacarme et la senteur, le bruit et l’odeur, ça, il gère très bien. Et comme toujours chacun de ses pets devient un communiqué très médiatisé. Il suffit parfois d’un mot pour dévoiler tout un système de pensée. Lorsque, après un cambriolage au Louvre, Éric Zemmour déclare que « l’immigration nous vole les bijoux de la Couronne », il ne parle pas d’un vol, mais d’un mythe. Il invente un récit où la criminalité se confond avec l’origine, où un fait divers devient le symbole d’un affrontement civilisationnel. Ce glissement du particulier au généra...

Israël–Palestine : le réalisme devient le masque du renoncement moral de la colonisation

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  Le faux réalisme, ou la morale de la force Certains médias de l’extrême droite, présentent le conflit israélo-palestinien comme la rencontre entre le mythe et le réel : Israël serait parvenu à transformer son destin biblique en puissance politique, tandis que les Palestiniens se consumeraient dans la défaite et la revanche. Cette vision, en apparence lucide, relève en réalité d’un darwinisme politique : seule la victoire donnerait sens à l’histoire. Ce “réalisme” ne constate pas le réel, il le fabrique : il justifie la domination au nom de la maturité historique. En valorisant la force comme principe fondateur, il recycle une rhétorique coloniale bien connue : celle qui oppose la raison du conquérant à la passion du colonisé. L’histoire moderne n’est pas le règne de la fatalité Si l’histoire ne se réduit pas au bien, elle ne saurait non plus se réduire à la loi du plus fort. Le droit international, né des ruines de 1945, a précisément été conçu pour briser cette logique....

La hiérarchie médiatique et politique de la compassion dans la guerre contre Gaza

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  Toutes les victimes se valent  : Dans les rédactions françaises , la compassion s’est calibrée comme un JT : un visage, une larme, un nom. Mais les guerres ne sont pas des scénarios, et les morts n’ont pas de camp. L’humanité n’est pas divisible, même quand la politique la segmente. On finit par s’y habituer. À chaque flambée de violence au Proche-Orient , les médias français rejouent la même partition : émotion à géométrie variable, compassion sélective, indignation asymétrique. Le texte récemment paru dans la presse, avec sa verve acide et son ironie grinçante, met le doigt sur cette blessure morale : la vie d’un Israélien semble parfois peser plus lourd que celle d’un Palestinien . Derrière l’exagération, il y a un malaise réel, un déséquilibre du regard. Il ne s’agit pas de nier la souffrance des uns ou des autres, mais de rétablir l’égalité du deuil . Quand on célèbre la libération de quelques otages israéliens en oubliant les milliers de prisonniers palestiniens ...

Gaza, le souffle invincible de l’humanité

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  Un hommage vibrant à la population de Gaza à sa dignité, sa résistance et sa lumière intérieure. Ce texte célèbre la force tranquille d’un peuple qui, malgré la guerre et le siège , continue d’incarner la vie, l’amour et l’espérance. L’héroïsme du Palestinien ne se mesure pas seulement dans les combats. Il se lit dans chaque souffle, dans chaque geste de survie, dans chaque regard qui refuse de se baisser. Il se trouve dans le pain qu’il cuit malgré le blocus , dans la lumière qu’il rallume malgré l’obscurité, dans l’enfant qu’il protège, dans la dignité qu’il porte comme un étendard au milieu des ruines. À Gaza, l’héroïsme n’est pas un mot, c’est un souffle. C’est la force invisible qui relève les pierres, c’est la tendresse d’une mère qui transforme la peur en berceuse, c’est le rire d’un enfant qui défie le vacarme du monde. Là où tout semble vouloir anéantir l’existence, le Palestinien recrée la vie. Là où les murs enferment, il construit des ponts d’espérance....

La diplomatie-spectacle : Gaza pleure la tromperie de Trump

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Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse , dit le proverbe.                                                        Dans le cas de Trump, ses moyens d’obtenir une paix sont originaux : c’est un cocktail fait de séduction, de pression et de chantage. Mais la realpolitik, c’est ça.   Donald Trump se présente à nouveau en faiseur d’accords, maître des « deals » capables, dit-on, de résoudre les impasses les plus inextricables. Son dernier plan pour Gaza, brillamment emballé dans le vocabulaire consensuel de la « paix » et de la « reconstruction », montre pourtant que la rhétorique peut servir d’écran de fumée : derrière le mot se cachent des conditions intenables, une mémoire sélective et la perpétuation d’un ordre de fait qui écrase les droits palestiniens. La « paix » comme instrument de culpabilisation Le dispositif proposé ...