« L’ennemi intérieur, miroir d’une nation en décomposition »
La France vacille. Et que fait-elle ? Elle invente un coupable. Toujours le même : l’immigré. L’Arabe, le Noir, le musulman. L’autre. Celui qu’on accuse de tous les maux, de toutes les faiblesses, de toutes les lâchetés françaises.
Voilà le grand mensonge. Voilà l’écran de fumée. La France agonise sous son chômage, sa dette, sa bureaucratie, ses écoles qui s’effondrent, ses hôpitaux qui meurent. Mais non : le problème, c’est l’étranger. Quelle facilité ! Quelle lâcheté !
On ressort alors l’obsession fétide du « grand remplacement ». On en fait une rengaine, une arme politique, un cri de ralliement pour les médiocres et les cyniques. Derrière ce fantasme, toujours la même équation simpliste : immigration = invasion. Et derrière l’invasion, la peur. Une peur qu’on agite, qu’on nourrit, qu’on exploite.
Par devoir de mémoire, qu’on ose au moins rappeler ceci : les immigrés n’ont pas « sali » la France, ils l’ont construite, reconstruite, enrichie. Ils sont la France. Et ceux qui hurlent aujourd’hui contre eux se nourrissent des fruits qu’ils ont semés hier.
Mais la haine rapporte. Elle soude un électorat apeuré. Elle permet aux élites de masquer leur impuissance. Elle justifie l’inaction. Pendant qu’on désigne l’ennemi intérieur, les vrais fléaux prospèrent : chômage endémique, jeunesse sacrifiée, fuite des cerveaux, retraités exilés. La France se vide de ses forces vives, mais elle trouve encore le temps d’accuser l’étranger.
Hypocrisie suprême : cette patrie autoproclamée des droits de l’homme ne cesse de faire la leçon au monde entier, tout en piétinant les siens. Qu’elle commence donc par respecter ses propres citoyens, musulmans compris, avant de s’ériger en modèle universel.
Quant à nous, Algériens, inutile d’attendre une reconnaissance ou une absolution de cette France arrogante et amnésique. Notre histoire, notre civilisation islamique, nos ressources spirituelles et sociales nous suffisent. Nous n’avons aucune fascination pour une puissance en déclin, engluée dans ses rancunes coloniales et ses obsessions identitaires.
La vérité est crue : la France décline, et elle le sait. Alors, au lieu d’affronter son propre effondrement, elle crie au « danger immigré ». Mais ce cri sonne creux. L’Histoire, elle, n’oublie pas. Et viendra le jour où les masques tomberont.

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